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EPJ 50 ans Santiago
En décollant de la base aérienne de Quintero en cet après-midi hivernal du 27 août 1965, Roberto Parrague Singer laissait derrière lui des années de recherche, de tracasseries et d’oppositions à l’accomplissement de son vieux rêve, rallier le Chili à Tahiti via l’Ile de Pâques et ouvrir la route aérienne que nous connaissons aujourd’hui.

Poussé par les deux moteurs de 1.200 cv, son rêve désormais prenait doucement de l’altitude. Virant à droite vers le Pacifique il observa la côte s’éloigner en prenant les 200 Km/h, la vitesse de croisière de son PBY Catalina
immatriculé CC-CNP surnommé Manutara II, l’oiseau de la chance en pascuan. Il mit cap au nord-nord-ouest vers l’Ile de Pâques en s’enfonçant dans la nuit et l’immensité
océanique. Ce premier tronçon du périple ne fut pas de tout repos. Un vent fort du sud apportant de très basses températures l’obligèrent à voler à faible altitude pour
éviter l’accumulation de glace sur les ailes et la structure du Manutara. Il essuya de grosses précipitations qui l’empêchèrent de faire régulièrement le point sur sa position, puisque la navigation du Manutara II se faisait
au moyen d’un sextant. Après presque 20 heures de vol difficile et alors qu’il ne restait que 30 minutes de carburant, le soulagement fut réel et sincère en apercevant à l’horizon, légèrement sur la droite, les contours grisâtres du volcan Rano Kao de Rapa Nui.

Après une nuit de repos bien méritée à l’Ile de Pâques, le vol vers Tahiti fut un vrai plaisir. Venant du sud il contournèrent l’Ile par la côte est en volant suffisamment bas pour mieux
admirer toute la beauté de Tahiti, la vitre du cockpit ouverte pour mieux sentir le parfum si caractéristique des tiare. L’arrivée à Faaa fut une apothéose. La cérémonie de remise du premier courrier aérien entre le Chili et la
Polynésie Française eut lieu à même le tarmac devant les autorités civiles et militaires ainsi qu’une foule nombreuse composée de curieux et de vieux amis tels que Francis
Cowan et Gerald Garnier.

Apres une semaine de réjouissances, le Manutara II reprit les airs, cap au sud-sud-est pour retourner au Chili.
Un vol qui se fit cette fois sans complications. A peine deux années plus tard, en avril 1967, un DC6-B baptisé Manutara III aux couleurs de la Lan Chile posait ses roues
à Faaa ouvrant la liaison commerciale Santiago-Papeete que nous connaissons aujourd’hui. Parrague avait réussi son rêve.
Prix unitaire: 160 FCFP (1,34 €) Rupture

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