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EPJ Heiva Hollande/Moua
Madeleine Moua
Madeleine Moua (1899 – 1989) est à l’honneur ! Elle a été choisie pour son parcours, son aura et son impact sur un événement marquant de la vie polynésienne : le heiva. Au point que son nom soit associé au Hura tau (danse catégorie « professionnelle » ou « chevronnée »). Passionnée, persévérante, engagée, c’est elle qui a fixé les pas et séquences du ‘ori tahiti en 1956. Alors même que la danse restait une activité à la morale douteuse.
Avec la création de l’aéroport de Faa’a (inauguré en 1961), le tourisme s’est développé et les danseurs ont voyagé. Ils se sont produits à l’étranger. Madeleine Moua, cette femme de grande prestance qui portait toujours des coiffes invraisemblables, a emmené sa troupe d’artistes appelée "Heiva" sur différents continents. Grâce à elle, le ‘ori tahiti a été considéré à l’échelle locale, il a été estimé à l’échelle internationale.
Ce qui s’appelle aujourd’hui "heiva" a été d’abord "le juillet" et "le tiurai". Son histoire remonte à l’accession au trône par la famille Pomare. En 1842, la reine Pomare a fait édicter un interdit contre les chansons, la danse, les jeux et divertissements considérés comme lascifs. Près de 40 ans plus tard, ont eu lieu les premières célébrations de la fête nationale. Le 14 juillet 1881 un défilé militaire a été organisé, ainsi qu’une retraite aux flambeaux. Une place a été faite au himene, ce qui a marqué le retour de l’expression culturelle polynésienne.
Au fil des ans, la danse, les sports et jeux traditionnels ont peu à peu repris leur place. Mais c’est vraiment Madeleine Moua qui a permis au ‘ori tahiti de retrouver toutes ses lettres de noblesse. Elle a révolutionné l’image du heiva.
Chaque année en juillet, l’OPT fête l’évènement à sa manière. Après les instruments, les pas de danse, les costumes… la lumière est faite sur les hommes et les femmes.

Gilles Hollande
Gilles Hollande, brillant touche-à-tout et communicant éclairé, est considéré comme un prince, le prince de la danse. L’un des prix les plus prestigieux du heiva, le hura ava tau (danse catégorie « amateur » ou « novice »), a d’ailleurs pris son nom ! Sa vie, aussi courte que fulgurante, a commencé en 1950 et a duré trente-neuf ans.
Il est né à Tahiti dans un milieu aisé. La bourgeoisie demi polynésienne vivait à l’époque en zone urbaine. Son père était métropolitain et sa mère demi. Avec sa peau mate et ses cheveux blonds il ne passait pas inaperçu. Il réussit haut-la-main son collège et lycée, obtenant son baccalauréat très jeune. Ses parents l’envoyèrent en France pour faire médecine. Mais il ne tint pas et rentra quelques mois plus tard, à l’âge de 19 ans, contre l’avis de son père et de sa mère.
Au cours de sa brève carrière, Gilles Hollande œuvra tout à la fois pour la danse, dont il était passionné et pour le tourisme. Il était un fervent défenseur de la culture polynésienne et avait à cœur de la partager et de la faire connaître. Il intégra l’agence Tahiti Nui, Tahiti Tours et enfin le groupe Accor. Il s’occupait d’animation. Une activité qu’il retrouva en 1989 sur RFO avec son émission "On en parle".
À 23 ans, Gilles Hollande créa sa propre troupe de danse, Ia Ora Tahiti, dont il organisa des représentations à Milan, Berlin, Budapest… Parlant le français, l’anglais et l’espagnol, plein de grandes ambitions, il lui fut facile de trouver un producteur pour financer ses tournées. Pour convaincre le producteur convoité qui vivait en France, il l’invita à l’un de ses spectacles… à Tahiti.
Il consacra la majeure partie de sa vie à la scène, avant de s’éteindre en septembre 1989, quelques semaines seulement après la dernière participation de son groupe Ia Ora Tahiti au Heiva.


Prix unitaire: 340 FCFP (2,85 €) Rupture

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